Sociologue, Raymond Curie intervient à l’Université Lyon II dans le cadre d’un partenariat pédagogique. Il est par ailleurs formateur à Institut du Travail Social Lyon-Caluire (http://www.arfrips.fr, Association Régionale pour la Formation, la Recherche et l’Innovation en Pratiques Sociales).
Il résume ci-dessous la démarche pour l’écriture de son dernier ouvrage : « Le travail social à l’épreuve du néo-libéralisme : entre résignation et résistance »
"Je suis parti du constat effectué sur le terrain (institutions, associations, services départementaux et communaux) mais aussi dans les écoles de travail social. Une logique issue des politiques néo-libérales basée de plus en plus sur la concurrence, la rationalisation des choix budgétaires, la démarche qualité et l’évaluation se développait, entraînant des remises en cause conséquentes, et la disparition de la qualité du travail dans certains lieux. Face à ces changements les professionnels se répartissent entre la résignation et la résistance.
J’ai essayé d’analyser cette logique en remontant à l’origine, avec le changement de paradigme ayant eu lieu dans le milieu des années 70. Deux approches concernant le secteur social se sont alors développées : la logique du travail social qui a perduré et celle de l’intervention sociale qui est apparue (renforcée par la mondialisation) avec des complémentarités parfois mais surtout avec des oppositions et des ruptures.
Après un rapide historique, j’ai passé au crible les lois sociales depuis 2002 en montrant que les deux piliers du néo-libéralisme étaient la dérégulation des marchés d’un côté avec le rôle de l’Etat réduit au minimum et la pénalisation des problèmes sociaux de l’autre. La conséquence pour le travail social, mais il en va de même pour tous les autres secteurs de la « main gauche de l’Etat », la santé , l’éducation, la culture et la recherche, c’est l’ouverture à la logique de marché avec comme critère la rentabilité financière.
J’ai analysé également la « novlangue » néo-libérale appliquée au social et montré des exemples de terrain à la fois de résignation et de résistance, puis j’ai terminé par une réflexion sur des propositions alternatives".