Introduction de Nicolas Devoux.
"Je suis particulièrement heureux de m’exprimer devant vous au lendemain de l’adoption par le Parlement du Revenu de Solidarité Active (RSA). L’heure est venue de mener une synthèse des travaux conduits dans votre Département qui fait confiance au regard qu’un sociologue peut apporter sur ces questions. Je suis très heureux de restituer ces résultats, synthétisés dans le document qui est à votre disposition, et remercie le Conseil Général sans lequel une telle étude n’aurait pas été possible.
Mon intervention s’articulera autour de deux axes principaux.
Mon enquête ciblait les allocataires du RMI qui avaient signé un contrat d’insertion et que les services sociaux appelaient à l’autonomie. Nous verrons quelles formes de relations ils nouent avec l’institution et quel regard ils portent sur l’exhortation à l’autonomie que celle-ci leur adresse.
La création du RMI, si j’en crois la littérature, avait fait l’objet d’un débat parlementaire très intense et qui portait sur le fond. Je suis très étonné de voir que les discussions sur le RSA portent exclusivement sur le volet financement et éludent certaines problématiques qui pourtant traversent ce dispositif. Comment interpréter cette posture ? Comment dépasser cette problématique et en poser de nouvelles à l’aune de l’expérience que constitue le RMI ?
La question du traitement de la pauvreté – cantonnée à un public spécifique – traverse de manière plus large la société ; elle mérite une analyse transversale prenant en considération toutes les couches de la société et les problèmes qui la traversent. Les discussions avec les allocataires, les débats sur le RSA, m’ont convaincu de la nécessité d’un regard transversal. Dans la pratique et dans l’action, je comprends que le regard porte sur un aspect spécifique ; sur un plan conceptuel, je crois que notre analyse doit envisager un spectre bien plus large et inclure l’ensemble du corps social. Comprendre la situation des RMIstes suppose de regarder ce qui se passe au-delà du simple champ de l’institution sociale."
Les actes de la conférence débat sont présentés en document joint.
Les conférences-débat de la DPAS.
Les cycles de conférences-débat de la Direction de la Prévention et de l’action sociale ont été inaugurés en l’an 2000. Destinés prioritairement aux agents de la DPAS avec une visée de management et d’animation pédagogique, ils sont ouverts à ceux de l’ensemble des directions du Conseil général qui y trouvent une occasion de dialoguer avec les professionnels du social sur des questions d’intérêt partagé. Ces rencontres facilitent la transversalité et les collaborations au service des usagers.
Placés dès l’origine sous l’égide de la promotion des droits fondamentaux, les thèmes abordés touchent à toutes les dimensions pouvant être en cause dans la compréhension des problèmes sociaux rencontrés par les publics de l’intervention sanitaire et sociale. Les praticiens ont ainsi la possibilité d’affermir leur position professionnelle en dialoguant, à partir de leur expérience de terrain, avec des chercheurs, le plus souvent juristes et sociologues.