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Histoire de l’éducation populaire


"La radio du curé", ou "l’éducation populaire par-dessus les toits", 1927-1934


Place aux catholiques. On l’oublie, mais la contribution des curés de banlieue à l’éducation populaire n’est pas accessoire. Entre 1927 et 1934, le père Lhande pose ainsi les jalons d’une forme neuve d’action populaire. Les causeries radiophoniques. À travers elles, c’est tout un univers oublié qui s’anime.



Printemps 1926.– Le père Lhande sillonne la banlieue. De long en large. De Bobigny aux Pavillons-sous-Bois. Drancy, Blanc-Mesnil, etc. Quiconque habitait là, c’est forcé, a un jour vu passer sa soutane noire. Il faut dire qu’en quelques mois, avril, mai, juin, il arpente tous les jours avec zèle chaque recoin de cette terre ouvrière. Les écoles, à la sortie des classes. Les terrains vagues. Les tramways. Les lotissements. Les cafés, aussi, où, dit-il, il se fait copieusement avoiner. Et bien sûr les églises, quand il y en a. Il rencontre les maçons. Les enfants. Les femmes. Les manœuvres. Les boueux. Et les curés.

Ce qu’il fait ? Il observe. Il décrit la misère qu’il rencontre. Raconte la ruée de habitants de Paris vers ce coin de terre et les métamorphoses qui, en quelques années, l’ont rendu littéralement méconnaissable. Il déplore l’emprise des communistes. Inventorie les maigres œuvres catholiques qui leur font concurrence. Et astique, surtout, les premiers jalons d’une grande mission. Replacer Dieu au centre des existences. Lancer les curés de banlieue à l’assaut de la pauvreté. Encourager les œuvres, les colonies de vacances, les patronages, les jardins ouvriers. Et réinventer, ici, à la croisée de l’action sociale et du sacerdoce chrétien, une vie collective digne de ce nom, gouvernée par la tolérance et l’éducation pour tous. Appelons ça de l’éducation populaire. Si l’on veut bien entendre par là la volonté de donner aux habitants les moyens de se rendre maîtres de leur sort, de s’approprier les formes culturelles, matérielles et politiques qui organisent leurs existences et de peser sur elles.

Évidemment, dira-t-on, il y a là aussi la marque d’un travail d’évangélisation des banlieues. Une entreprise de reconquête des âmes en ces lieux gagnés depuis 1900 à la laïcité la plus radicale et depuis 1920 à l’emprise municipale du communisme. Bien entendu. Mais s’en tenir là, c’est manquer deux choses. Et deux choses d’importance même. D’une part, que l’histoire de l’éducation populaire est loin d’être un fleuve tranquille. Qu’elle est traversée, qu’on le veuille ou non, d’intenses luttes. Idéologiques, le plus souvent. Et probablement vieilles comme l’éducation populaire elle-même. Certaines concernent la définition légitime de ce qu’est l’éducation populaire, justement, et de ce qu’elle n’est pas. D’autres tiennent aux formes qu’elle doit prendre. Et d’autres encore aux ambitions qu’elle se donne. L’histoire est formelle : les lignes d’opposition ont été nombreuses, et compliquées d’infinis chevauchements. Républicains, libertaires, laïques, catholiques, communistes, socialistes, et j’en passe.

Qu’il suffise de se souvenir de la concurrence si vivace qui, vers 1900, opposaient républicains et catholiques. La fameuse enquête d’Édouard Petit, conçue comme un gigantesque état des lieux de l’« éducation populaire » et comme un moyen, aussi, de fixer le périmètre officiel des activités qui en relèvent, n’avait pas manqué de susciter, dans des rangs catholiques que le pape venait d’appeler à « aller au peuple », une semblable mobilisation. En 1904, le livre de Max Turmann, le bien nommé L’Éducation populaire, s’efforçait ainsi de tenir la comparaison [1].

Mais ce n’est pas tout. Oublier l’action catholique se comprend en cette banlieue. Voilà une terre, rappelle l’historienne Jacqueline Lalouette, largement acquise à la cause « libre penseuse » la plus tonitruante. Accoutumée aux enterrements civils, étrangère pour beaucoup aux choses de la religion, au catéchisme, à la communion pascale, au mariage à l’église, et même, par endroit, sacrément hostile à la présence des curés. Seulement voilà, disqualifier par avance la mobilisation catholique, c’est escamoter, par simple parti pris, un continent important de l’éducation populaire. Et notamment dans la banlieue ouvrière qu’on n’appelait pas encore Seine-Saint-Denis. C’est par conséquent, au nom des pratiques qui sont parvenues à s’imposer comme seules légitimes, se priver de toutes les autres manières de faire, obliques peut-être, mais effectives ; c’est méconnaître l’inventivité oubliée dont elles étaient le lieu.

Voilà une bonne raison de suivre le père Lhande et l’éducation populaire qui s’est animée autour de lui dans cette banlieue. Une éducation populaire paroissiale, voilà tout.

« Oh ! maman ! viens voir comment il est habillé, celui-là ! »

Revenons en 1926, au père Lhande et à la banlieue qu’il découvre. Car pour comprendre l’effervescence locale dont il est le centre en ces années, il faut d’abord entrevoir ce qui l’y pousse. Le point de départ n’est pas bien mystérieux. Jésuite, d’origine basque, Lhande, plus tout jeune déjà (il était né en 1877), se prend de passion pour la banlieue ouvrière qui remue à deux pas de là. Alarmé par l’image sombre qu’en donnent les observateurs du temps, heurté aussi par la mainmise communiste sur cette terre ouvrière, il décide d’aller y voir.

De ses visites assidues, il rapporte deux impressions dont il fait la trame de son livre à succès, Le Christ dans la banlieue. Enquête sur la vie religieuse dans les milieux ouvriers de la banlieue de Paris ), (1927. La pauvreté, le dénuement matériel des familles, et l’abandon moral des hommes, voilà pour la première. Dans cette banlieue ouvrière, dans ces « villes champignons », où, en quelques années, suite à la cherté des loyers et à l’accaparement des grands immeubles par le commerce, se presse une population ouvrière abondante, il voit la « ruée des vaincus de la vie ». Drancy, par exemple. Partout, « des cabanes, des maisonnettes, par îlots, par grappes, par chapelets ». Les rues poussent si vite que l’imagination des hommes n’a pas le temps de leur trouver un nom à toutes. Rue A, B et ainsi de suite jusqu’à Z. Et puis il y a la boue, partout, et les sentiers mal taillés. « Les chemins sont pavés de fragments de briques et de vieilles boîtes de sardines émergeant de deux pieds de boue noirâtre en hiver, de poussière noire en été ». Bobigny ? Même spectacle. Chaque jour, observe-t-il, « c’est l’assaut aux tramways, surtout aux longs trains noirs qui se succèdent de cinq en cinq minutes. Ceux qui ne peuvent se payer le luxe d’occuper une maison bâtie construiront là, en hâte n’importe quoi : un abri précaire, une baraque, avec des matériaux de fortune. On vit là dans le provisoire, sans eau, sans voirie, sans lumière ; on s’entasse entre des planches comme des harengs en caque. Là, on dort, on souffre, on meurt, on naît » [2].

Seconde impression ? La pauvreté de l’encadrement religieux. Le maillage n’est pas inexistant, bien sûr. Il y a des processions. Des pèlerinages, aussi. Celui de Bondy. Celui de Notre-Dame-des-Anges à Clichy-sous-Bois. Et il y a des églises dans la plupart des villes. Plantées au centre de l’ancien village. Le problème est là. Sur les terres gagnées par les usines et les familles ouvrières, parfois très loin du centre, et mal desservies, elles sont rares, souvent vétustes, et n’ont suscité autour d’elles qu’un maigre nombre d’œuvres populaires, patronages, colos, jardins ouvrier. C’est là que le bas blesse, pour Lhande. La démission des catholiques, leur éloignement de la banlieue, là où vit à présent la grande population des déshérités, l’abandonnant du coup, pour corser le tout, aux forces de la subversion, ou comme il le dit aux « fureurs révolutionnaires ». Traduisez : les communistes. À Bobigny, déplore-t-il, le nouveau foyer de peuplement, qui englobe les lotissements et tout le quartier du Nouveau Village, soit près de huit mille habitants, est situé à l’extrémité Est du territoire, à près de quatre kilomètres de l’église. « Les églises de Drancy et de Bobigny, ajoute-t-il, sont à cinquante minutes de marche par de mauvais sentiers ; celle de Bondy, plus rapprochée, à vol d’oiseau, est pratiquement, à la même distance, par suite des détours. Jetez les yeux sur notre carte et vous verrez avec stupeur qu’en tirant une ligne droite d’Aubervilliers à Pavillons-sous-Bois, sur un espace de treize kilomètres, vous ne rencontrerez qu’une seule église – un peu à l’écart, du reste –, celle de Bobigny ».

Pour lui, c’est la clef de tout. Ce grand désert spirituel. Et, malgré les efforts des municipalités, « rouges » pour l’essentiel, les conditions de la vie sociale qu’il impose aux habitants. Prenez les Lilas et sa cité-jardin. « On a tout prévu les magasins, les coopératives, la salle de cinéma, la salle des fêtes, l’école, tout, sauf une chapelle ». Or, l’église, précise-t-il, « est loin, mal reliée à la cité et, du reste, quand on s’est habitué à ne pas sortir de cette enceinte confortable où l’on trouve à peu près tout le nécessaire, comment se dérangerait-on pour aller chercher seulement une messe ? » Conséquences de ces modes d’existence ? « On reste chez soi, on vit et on meurt en païen. Les enfants, élevés en vrais sauvages, fuient à toutes jambes quand ils aperçoivent un prêtre ou appellent leur mère en disant : « Oh ! maman ! viens donc voir comment il est habillé, celui-là ! » Même chose à Bobigny. Drancy. Blanc-Mesnil. Montreuil. Pantin. Etc. Seule ressource des lieux ? Le bistrot. Ni théâtre. Ni cinéma. Et, on l’aura compris, pas d’église.

L’argument n’a rien pour étonner. Depuis la guerre, le temps est, en France, à la reconquête catholique. En peu d’années, le clergé s’efforce de reprendre la présence et l’emprise que la laïcité républicaine triomphante lui avait arrachées vingt ans plus tôt. Rien de surprenant à voir un prêtre aiguillonner le mouvement. Mais il y a plus. Les années 1920, et tout spécialement dans cette banlieue-ci, sont travaillées par une guerre idéologique dont on peine, aujourd’hui, à imaginer la profondeur viscérale. Sur le pourtour ouvrier de la capitale, les communistes, après guerre, prennent les plupart des municipalités. Saint-Denis, Bobigny, Bagnolet, et une quinzaine d’autres, la « ceinture rouge », deviennent, en matière d’œuvres sociales et d’éducation ouvrière, de sports, de musique, de colonies de vacances, le socle d’une véritable « culture prolétarienne » en devenir.

Face à cette emprise nouvelle, celle des « bolcheviks », des « rouges », des « moscoutaires », dont les traits effraient une large portion du pays, et jusqu’aux socialistes, les milieux catholiques se pensent et se posent en recours privilégié. La reconquête catholique des âmes, autrement dit, trouve ici une terre de mission pressante et ardue à la fois. Elle a un parfum de bataille. La harangue du curé de Drancy que rencontre Lhande en 1926, un curé de belle stature et parlant fort « du haut d’une estrade, dans une vaste salle de fêtes bondée, à craquer, de communistes bons enfants, c’est-à-dire ses fidèles », en dit long. « Vous, les catholiques, vous entendez ? Je ne veux pas que vous envoyiez vos enfants au patronage laïque. Je vous préviens ils n’y apprendront qu’à être grossiers. Faites passer un examen de politesse et de bonnes mœurs à cent enfants du Patro laïque et à cent enfants de mon Patro. Les miens auront le prix, haut la main ! »

Le ton est donné. On comprend mieux, du coup, le zèle et l’enthousiasme du père Lhande. Ici, face à Clamamus, face à l’École léniniste ouverte en 1925 à Bobigny, face à la ferveur des réunions politiques qui, le soir, attirent tant d’ouvriers, la tâche prend « une souveraine importance ». « Laisserait-on ces masses énormes s’entasser pêle-mêle sur le terrain conquis, sans méthode, sans prévision de l’avenir, au hasard des installations précaires ? N’essayerait-on pas de les fixer au sol nouveau, de façon à poser les fondements de la cité ordonnée de demain ? Ne leur assurerait-on pas les secours indispensables de l’hygiène matérielle et de l’hygiène morale ? Il appartient à l’Église, dit-il, de fixer, dès maintenant, les poteaux qui grouperont les villes à naître, c’est-à-dire de bâtir, dans ces immense espaces, la chapelle, puis l’édifice autour desquels viendront se fixer, selon le mouvement séculaire de la civilisation chrétienne, les familles maîtresses de la localité, puis l’école, les services publics, les grands magasins ».

Comment procéder ? Nous y voilà. Le point de départ est simple. Dans cette banlieue, poussée d’un coup, dans tous les sens, parfois très loin des centres anciens, il faut bâtir des églises, les flanquer de salles paroissiales et faire pousser des œuvres populaires en pagaille. Des patronages, des colonies de vacances, des caisses de prêt, des unions paroissiales, des jardins ouvriers, des conférences populaires. Le programme est au fond celui du vieux christianisme social, dont les hommes de l’Action populaire et une poignée de jésuites, groupés autour de la revue Études, renouvellent alors les modes d’action. C’est ici que le père Lhande intervient. Son idée ? À partir de chaque église, fût-elle de planches, comme elles le sont alors souvent aux abords des nouveaux « lotissements », chaque curé doit faire naître une vie collective, donner aux familles populaires les moyens, matériels ou moraux, de « se grouper, s’entendre, agir », et, si Dieu veut, de « refaire la société ». Ni plus ni moins.

Lhande, lui, se donne pour mission de « seconder cette tâche par tous les moyens ». Mais encore ? D’encourager les prêtres dans cette voie. D’en faire connaître du public les actions menées dans les paroisses de la banlieue ouvrière. Et de donner à tout ça les allures d’une grande et belle entreprise. On jurerait entendre, Dieu en plus bien sûr, les républicains radicaux de 1900. La nouveauté réside alors dans les moyens employés. Pour Lhande l’affaire est claire. Puisque la christianisation des banlieues est impérative, et puisque les églises manquent cruellement en cette banlieue-ci pour réunir les habitants, il faut inventer quelque chose d’autre. Des causeries à la radio.


Une salle de radio, Radio-Paris, 1927

Un instrument d’éducation collective

La radio ? Pareil choix a d’abord de quoi étonner. On le sait, les catholiques, en ces mêmes décennies, se montrent empressés à user du cinéma, à en faire un moyen d’éducation religieuse et de formation du clergé. La radio ne s’attire pas le même engouement. D’abord parce qu’elle est plus récente. L’équipement du territoire et l’organisation des stations sont encore balbutiants au milieu des années 1920. Et surtout parce que l’Église se méfie de la radiophonie. De cette parole à la fois « surveillée » (pour moitié les postes sont alors contrôlés par l’État) et dont « on laisse s’égarer le goût » (pour l’autre moitié, ils appartiennent à des firmes privées). « Immenses promesses, immenses menaces. Immense extension de la meilleur et de la pire chose », lit-on à tout bout de champ. Le père Lhande le sait. « En théorie, le danger de la radiophonie est flagrant. Autre chose est le fait pratique ». Lui, exalte, dans la radio, le « ministère des temps nouveaux », « la plus belle invention des temps modernes », dans laquelle il voit une chance et de grandes qualité pour assurer, dit-il, la « formation du plus grand nombre ». L’affaire est faite. En janvier 1927, il rejoint la petite équipe de Radio-Paris. Là, chaque dimanche, à midi pile, et pour une heure à chaque fois, il s’empare du micro et dispense sur les ondes les « radio-sermons » et les causeries qui, en quelques semaines, font de lui l’« infatigable apôtre des banlieues ». « Le sermon par TSF, explique alors La Semaine de Paris. Telle est la dernière nouveauté parisienne. Le père Lhande, un des plus célèbres prédicateurs de l’Ordre des Jésuites, vient de faire ses débuts dans une grande première radiophonique. Chrétiens, à vos oreillons ! L’Église se modernise ».

À quoi pouvaient bien ressembler ces causeries, et en quoi méritent-elles de figurer dans l’histoire de l’éducation populaire ? Ces questions sont légitimes, bien sûr. Mais elles plongent fatalement l’historien dans l’embarras. La première surtout. Car cette parole est fugace et évanescente. Elle a laissé peu de traces d’elle-même. Et moins encore des conditions dans lesquelles elle était reçue par les auditeurs. La voix est forte et douce à la fois. C’est un orateur « assez classique », affirme Foi & Vie en 1929, qu’on devine irrité par les libertés que le père Lhande prend avec la docte parole de l’Église. « C’est un fervent des trois points, du triptyque, de la trilogie. Le style est recherché, trop soigné. Il frise la mièvrerie genre saint Sulpice. On trouve trop souvent les termes : charmant, délicieux, chérubin, petite fleur ». Et puis ce qu’il dit n’est pas toujours très catholique. Il ne condamne pas la femme adultère, pensez donc. Et mieux que ça il prétend qu’elle peut être pardonnée. Sans pénitence. Sans confession imposée. « Mais alors, que devient le prêtre, et la confession ? » La tonalité de ces interventions se précise un peu. Mais ce sont sans doute les pages influentes de la revue Christianisme social que dirige alors Élie Gounelle, qui, en 1931, en donne la meilleur présentation. Ces « causeries familières, y lit-on, visent la piété du cœur et la conduite de chaque jour plutôt que des études théologiques. Les enseignement dogmatiques, les pratiques sacramentaires ou cérémonielles sont laissées à l’arrière-plan. Il faut convenir d’ailleurs que dans ces radio-sermons le Christianisme est présenté sous une forme alerte, vivante, intéressante et souvent vraiment évangélique ».

Pour le père Lhande, il est vrai, ces causeries dominicales par TSF remplissent plusieurs missions à la fois. Deux ou trois. Elles remplacent la messe pour ceux qui n’y vont pas, ou ne peuvent pas s’y rendre, faute d’église à proximité. Elles font exister une parole catholique sur le monde, ce qui n’est déjà pas rien. Et enfin elles assurent, par un moyen inédit, et pour un public qui n’est pas exclusivement catholique, une forme éclatante d’éducation collective. «  Lorsque le père Lhande parle, assure un journal en 1932, tous les auditeurs, qui sont plus souvent des indifférents que des croyants, et qui l’écoutent mus par plus de curiosité que de déférence ; tous ces auditeurs, dis-je, qui ne l’écoutent d’abord que par courtoisie, sont pris par la force de sa dialectique, par l’éclat sourd de sa voix et par cette violence contenue qu’on discerne plutôt qu’on ne la devine dans ses gestes, dans ses pauses, dans la manière de scander sa phrase. Non seulement il convainc par la force de son raisonnement, mais il met un acharnement à persuader ».


Le Blanc-Mesnil, Inauguration de la station d’émission Radio-Paris, 1930

Par bonheur, certains de ces sermons sont parvenus jusqu’à nous. Le père Lhande a pris soin, de loin en loin, de les réunir et d’en publier une partie. Au fur et à mesure. Mais pas tous. Ils permettent de se faire une idée plus précise de tout ceci. Sans surprise, le fond de commerce est celui de la parole divine. Des Pater, des sermons, des paraboles, de la miséricorde, en veux-tu en voilà. Mais de cette parole, il fait l’occasion d’une plus vaste entreprise d’éducation des esprits. Il parle des pauvres. Souvent. De ceux qu’il a vus, de ses yeux, misérables, angoissés, « maudits », dans les recoins de la banlieue ouvrière, et il les fait exister autrement, il les fait voir autrement. Il dit que la pauvreté est une déchéance. Pas une épreuve spirituelle. Pas un don de Dieu. « Quand on a vu ce que nos yeux ont, cent fois, dans le bouge du faubourg ou le cloaque du lotissement, non, on ne peut pas se prendre à dire, sans que la lèvre frémisse comme devant un abominable mensonge : Heureux les pauvres ! » Il parle aussi des ravages de la tuberculose. Des traitements modernes. Il s’en réjouit. Il parle des médecins qui ont permis la « salutaire évolution de la charité qui console vers la charité qui guérit ».

La foi est là. Toujours. Mais elle sert d’accompagnement à autre chose. Quelque chose de plus grand. De plus ténu, aussi. Le père Lhande entend faire œuvre d’« éducation populaire ». Il le dit. Ce qu’il vise, c’est la réforme, par les ondes, des esprits, la levée des préjugés, et par-dessus tout, la tolérance. Pour le comprendre, il faut avoir bien en tête que la radio, aux yeux des gens d’alors, est par elle-même porteuse d’une formidable « éducation collective ». On en discute beaucoup alors, dans le clergé comme ailleurs. La radiophonie, s’avise-t-on, a pour effet d’unir dans un même temps des hommes et des femmes dont les vies sont d’ordinaire si éparpillées, isolées, éloignées dans l’espace, de les resserrer, autrement dit, et de les ordonner, pour un instant, au même horizon, aux même attentes, aux mêmes mots. Un gigantesque diapason, en somme. (D’autant plus efficace, du reste, que, dans les milieux populaires que vise le père Lhande, la radio s’écoute davantage au café du coin, en groupe donc, que dans le recueillement feutré du foyer.)

Mais il y a plus. La radio déploie un mode d’éducation particulier. Elle ne se contente pas de rassembler les foules. Elle met en ordre l’individu. Et c’est bien ce qui importe aux jésuites, et au père Lhande pour commencer. Une causerie n’est pas un assemblage de mots et de principes. Elle agit. Elle assemble. En chacun, elle articule d’un coup des souvenirs, des idées, des sensations jusque-là isolés et flottants, des observations à peine formulées. « Ces morceaux de réalité, qui gisaient pêle-mêle dans la mémoire comme des vieilleries dans un grenier, voici que nous apprenons à les connaître vraiment, à les classer, à les relier, à les utiliser, explique-t-on longuement dans la revue Études. Dès que nous avons goûté ce plaisir, nous en gardons l’appétit. Et quand la radio nous le procure, elle devient bienfaisante. Pareille éducation suppose des éducateurs éminents ».

Les formes paroissiales de l’éducation populaire

Lhande entend être de ceux-là. L’éducation qu’il déploie, à destination d’abord de la banlieue populaire qu’il continue alors d’arpenter, prend appui sur un principe simple, et qui, prétend-il, ramasse alors bien au-delà de l’univers catholique. La tolérance. Saupoudrée, dit-il, de bonne humeur. Il entend en effet lutter avant tout contre les haines et les séparatismes qui, à l’en croire, gangrènent la société moderne et produisent, dans la « banlieue rouge » les plus désastreux effets.

Ne pas « exclure sous prétexte de liberté », voilà le fin mot de l’œuvre d’éducation qu’il lance par-dessus les toits. Et le choix de la TSF, pour la mener à bien, en forme déjà un premier jalon. En parlant à la radio, il fait exister une parole catholique là où les catholiques eux-mêmes répugnent à la trouver. Et Lhande ne manque pas une occasion d’y puise l’occasion de leçons qu’il voudrait citoyennes. Rien que ça. La radio doit-elle être surveillées par l’État ? Jusqu’à quel point ? Où commence la dictature ? Comment conserver une liberté de parole ? Et puis, de façon plus sinueuse, comment, sur les ondes, tandis que la parole ne circule que dans un sens, amuser, distraire et instruire sans abêtir, sans imposer, aussi, un point de vue au détriment de tous les autres possibles ? Seul principe : la tolérance et l’existence conjuguée des différents regards. Voilà, à destination de la banlieue populaire, une éducation à l’écoute critique qu’il ne faut pas négliger. En même temps qu’une initiation à la « vie moderne ».

Le principe a, bien sûr, un plus ample terrain d’application. À ses auditeurs, le père Lhande voudrait apprendre à connaître l’autre. Et à le reconnaître. À s’ouvrir aux modes de vie différents. L’incessante évocation de la banlieue rouge, où il puise mille anecdotes saisissantes, prend ici toute son envergure. Sur cette terre largement versée au communisme, travaillée par une haine manifeste pour l’Église, il prétend lever les méconnaissances. Négocier une place pour l’action populaire des prêtres. Il les présente. Il les rend aimables. Sait célébrer leur travail quotidien pour la communauté. Décrit l’avancée des œuvres et l’implication des habitants. Pour lui, si périlleuse qu’elle lui paraît, il est cruel et impie de dénigrer l’œuvre d’éducation que livre ici les municipalités communistes. Personne, explique-t-il, ne peut souhaiter que les enfants demeurent illettrés ou à demi-sauvage au prétexte de les tenir éloignés des « doctrines néfastes du laïcisme et du communisme ». Alors, puisque l’ignorance « maintient les classes inférieures dans la soumission à leur rang », il revient aux catholiques de mettre au point, eux aussi, des moyens d’éducation attractifs. Pour qui connaît un peu la véhémence des discours d’alors, le trait saute aux yeux. Le père Lhande, dans ses radio-sermons, fait beaucoup contre la diabolisation de l’adversaire. Il plaide pour une vie commune.

Mais cette œuvre d’éducation radiophonique ne s’arrête évidemment pas là. Elle tient, pour l’essentiel, dans la présentation, régulière, infatigable, des œuvres populaires paroissiales à laquelle se livre Lhande. Chaque semaine, en effet, il émaille ses causeries d’informations sur les initiatives de prêtres et de laïcs, « hommes et femmes du monde, jeunes filles d’atelier, jeunes gens des grandes écoles, pauvres ouvrières, catéchistes, visiteurs des malades, infirmières ou institutrices volontaires », qui animent cette banlieue. Il encourage. Aiguillonne. Et tout à la fois esquisse un tableau vivant des œuvres locales.

- Blanc-Mesnil. L’abbé Boulard, « toujours sur la brèche ». « Quand il est arrivé là, voici deux ans, raconte Lhande en 1927, il a étudié la situation : comment atteindre cette population cosmopolite où l’on compte une douzaine de nationalités ? En la prenant par les deux côtés restés sensibles au milieu de l’universelle indifférence : les enfants d’abord, les intérêts matériels ensuite. “C’est par les enfants et par les œuvres que j’aurai le pays” ». Son idée ? L’église et l’école se trouvant à l’extrême bout de l’ancien village, à trois quarts d’heure de marche pour les enfants des nouveaux lotissements, il a créé une cantine scolaire pour les garder à déjeuner. Un vieux baraquement a fait l’affaire. « Pour la somme de trente sous, les élèves de la laïque ont, chez le curé, une soupe chaude, un plat de viande, un plat de légumes, de la boisson hygiénique. L’abbé les cueille, à la sortie de l’école, des mains de l’institutrice, les mène à son réfectoire ». Là, se réjouit un Lhande qu’on devine tout heureux de voir s’incarner ici les principes dont il serine ses auditeurs, « les petits laïques, chrétiens ou non baptisés, juifs ou musulmans, communistes ou anarchistes, croisent sagement les bras ». En octobre, apprend-on, il a ainsi distribué mille six cent quatre-vingt-sept déjeuners.

- Bobigny, Drancy. Même chose. Les frères Canet notamment, Louis et Victor, curés tous les deux, ont régulièrement les honneurs des radio-sermons du père Lhande. Ils font son admiration. Ils ont créé, il faut dire, chacun à sa sauce, tout un outillage d’œuvres. Des cours professionnels, reprenant la vieille fortune des associations philotechniques locales. Des caisses de prêt ouvrier. Une garderie. Un dispensaire. Un secrétariat social. Et pour « amuser honnêtement ce peuple perdu dans la vaste plaine », ils ont organisé des cours de musique et de dessin, monté des soirées familiales, des conférences du soir et même des projections de cinéma. « Résultat, conclut notre orateur, toute cette formidable population, de près de dix-sept mille âmes, lui est acquise ».

- Pavillons-sous-Bois. L’abbé Fouquet, ancien avocat au barreau de Paris, a, quant à lui, obtenu de la municipalité une salle pour le patronage des garçons et un terrain pour celui des filles. Tandis que, de son côté, une jeune parisienne catholique a ouvert là une garderie d’enfants en 1928. « Dans l’un des baraquements on a dressé un gracieux mobilier d’enfants : tables et bancs minuscules, ripolinés en bleu tendre. D’abord un peu de toilette sommaire, devant la pompe dressée dans la cour. Puis l’on chante et l’on fait la prière ». Lhande est aux anges. « Rien n’est consolant, pour qui connut, il y a trois ans, le champ de choux, comme d’y voir jouer ces quatre-vingts petits et petites, presque tous enfants de “communistes”, gracieux comme des fleurs mouvantes en leurs tabliers bigarrés ».

On n’en finirait pas de reprendre les enthousiastes présentations du père Lhande. Cours du soir. Cercles d’étude ouvriers. Cantines. Garderies. Sociétés sportives. Cercles des Anciens. Bibliothèques populaires. Etc. Le tout abrité, le plus souvent, dans des locaux de fortune. Des baraques dont, comme à Dugny, les « planches toutes disjointes laissent entrer librement l’air et la pluie », et dont « le toit est fait de deux plaques de carton-pâte ondulé. Mais les murs du minable réduit sont couverts d’images pieuses ». Ainsi conçues, ces causeries radiophoniques sont aussi l’occasion de faire naître une forme de solidarité locale. Non pas seulement religieuse, mais bel et bien sociale. Chaque dimanche, dans ses émissions, Lhande glisse des appels à la générosité et à l’entraide. Il obtient ainsi, pour telle paroisse, l’envoi de vêtements, pour telle autre l’envoi d’aliments. Et de plus substantielles contributions. Un piano, pour la salle paroissiale des Pavillons-sous-Bois, construite pour accueillir les cours de chant et les soirées de trois communes alentours. Et même un âne, pour les bénéficiaires des jardins ouvriers du curé de Dugny. De quoi satisfaire aux ambitions de Lhande. « Se grouper, s’entendre, agir ».

Gardons pour plus tard le bilan des œuvres réalisées durant les quelques années, brèves mais vivaces, où le père Lhande déploie son activité radiophonique. Pareil bilan est précieux pour qui veut, de l’éducation populaire en banlieue, se faire une idée moins parcellaire que celle à laquelle on s’est accoutumée. Mais il excède la petite carrière des radio-sermons du père Lhande. Inaugurés en 1927, ceux-ci disparaissent peu après. En 1934. Ils sont alors interdits d’antenne par la nouvelle direction de Radio-Paris, devenu poste d’État. Il n’empêche. La marque de ces causeries n’est pas mince.
" - Avez-vous écouté le Père Lhande ?
- Bien sûr et vous ?
- Moi aussi !
- Il est formidable !
- Extraordinaire... "

Dans la banlieue ouvrière d’entre-deux-guerres, Lhande a marqué les esprits. « Nos braves gens ont presque tous installé un poste de fortune. Ils écoutent vos sermons avec beaucoup d’intérêt », lui écrit un curé en 1931. Et les journaux réputés laïcs ne rechignent pas à en préconiser l’expérience à leurs lecteurs. « Écoutez, recommande Lectures pour tous en 1930 ; c’est un devoir de solidarité sociale, c’est de l’histoire vécue, et de la plus poignante ». Bref, on l’écoute religieusement. Et la notoriété de Lhande, félicité par le pape, invité à donner des conférences aux quatre coins du pays, toujours pleines à craquer, confirme l’influence de ses causeries radiophoniques. Il faudrait porter aussi à son crédit d’avoir inspiré très directement l’œuvre du Cardinal Verdier, autrement dit le grand mouvement de construction de chapelles et d’églises dans la banlieue ouvrière. Mais à vrai dire, l’essentiel est ailleurs.

Par les ondes, et par le travail inlassable de mise en ordre des initiatives catholiques, le père Lhande a pesé, plus qu’on l’imagine, dans l’histoire de l’éducation populaire. Non seulement il a fait, lui-même, œuvre d’éducateur, en misant sur la radio, et en s’efforçant de faire entendre un discours de modernité et de tolérance, destiné à rendre possible une vie collective en banlieue. Mais il a fait plus que ça. En racontant ses visites, en faisant vivre ces paroisses, en multipliant les détails, il a contribué à donner à cette banlieue une vision d’elle-même. Une vision différente de celle, idéologique et militante, qui voulait voir là le règne du communisme. Il a donné un visage à ceux qui vivent là. « Beaucoup de gens parlent des lotissements, mais combien les connaissent, avec leur détresse, leur inconfort, leurs misères et leurs souffrances de toutes sortes. Lhande les connaît à fond ». Mais ce n’est encore pas tout. En présentant chaque semaine l’action d’obscurs curés, en détaillant les œuvres populaires dont chaque paroisse s’animait, il a donné corps à une mobilisation sans nom. Une mobilisation dont les ressorts, des cours du soir aux jardins ouvriers [3], recouvrent ceux de l’éducation populaire. Il lui a donné une vitalité d’ensemble, encourageant, par le prestige des ondes, chaque prêtre à contribuer au mouvement collectif. À solliciter les maires pour dégoter un terrain, un champ, une parcelle, à susciter une entraide dont ils n’avaient pas idée pour bâtir une salle de patronage, là-bas, dans les lotissements, ou une salle paroissiale pour tenir de ces conférences populaires du soir que les instituteurs avaient inventées trente ans plus tôt [4]. De quoi, en somme, toucher du doigt à leur façon cette ambition dont le père Lhande ressasse l’exigence à tour de bras : « Refaire la société ».

Alors bien sûr, il faut se garder d’être dupe. Pareille mobilisation visait aussi autre chose. Lutter contre l’emprise des « moscoutaires » sur le peuple des banlieues. Évangéliser une terre alors copieusement fâchée avec l’Église. L’action menée, la solidarité échafaudée sont avant tout religieuses. Se garder d’être dupe aussi de la belle entreprise du père Lhande. De la banlieue, qu’il la visite bien de fond en comble, et durant des années, il ne possède qu’une vision très parcellaire. Il rencontre surtout des enfants, des femmes et des miséreux. Le monde des ouvriers, la part de l’action syndicale et des convictions politiques dans leur capacité à formuler une appartenance, et les espoirs et les formes de dévouement qui vont avec, tout ça lui échappe. Reste, et c’est peut-être bien l’essentiel, que l’aventure radiophonique du père Lhande, si éphémère fut-elle, près de quatre cents émissions tout de même, apporte sa contribution au paysage de l’éducation populaire dans la banlieue ouvrière.

Notes

1. « A quoi ressemblait l’éducation populaire en 1900. Des lectures publiques à l’économie sociale en Seine-Saint-Denis »,

2. Présentation dans : « La pétition. Regard sur un savoir-faire citoyen, Blanc-Mesnil, 1930 » :

3. Voir à ce sujet : « Le potager du pauvre. Les jardins ouvriers, de Saint-Ouen à Noisy-le-Sec (1900-1940) »,

4. « A quoi ressemblait l’éducation populaire en 1900 » 2e partie

Pour aller plus loin

Archives départementales de Seine-Saint-Denis,

Radio-sermons et ouvrages de Pierre Lhande (par ordre chronologique) :
Pierre Lhande,
-  L’Autre-banlieue. Discours prononcé le 20 novembre 1927 , Paris, 1928.
-  Le Bon Pasteur. Radio-Carême 1928, Montreuil-sous-Bois, 1933.
-  Carillons de fête , Paris, éd. Spes, 1934.
-  Le Christ dans la banlieue. Enquête sur la vie religieuse dans les milieux ouvriers de la banlieue de Paris , Paris, Plon, 1927.
-  La Banlieue verte. Causeries religieuses de Radio-Paris , Lille, Bloud et Gay, 1939.
-  Conférence sur l’église dans la banlieue , Bourgoin, 1927.
-  L’Évangile par-dessus les toits, Montreuil-sous-Bois, 1929.
-  L’Évangile par-dessus les toits. Paraboles, Montreuil-sous-Bois, 1933.
-  Radio-Carême 1927. La lumière du monde, Paris, éd. Spes, 1927.
-  Radion-sermons , Paris, éd. Spes, 1927.

Alphonse de Parvillez, « Avènement de la radio. Un instrument d’éducation collective », Études, 5 avril 1936, p. 63-77.

Sur le père Lhande  :

- Jeanne Moret, Le Père Lhande. Pionnier du Christ dans la banlieue et à la radio, Paris, Beauchesne, 1964.
- Yves Poncelet, «  L’œuvre du Père Lhande (1927-1934) », in Les Catholiques français et l’héritage de 1789, Paris, Beauchesne, 1989, p. 165-186.
- Corinnne Bonafoux-Verrax, « Le père Lhande (1877-1957) : pionnier de la prédication radiophonique », Revue des sciences religieuses, n° 78/3, 2004, p. 401-416.

Sur l’histoire de la radio  :

- Jean-Noël Jeanneney (dir.), L’Écho du siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision française, Paris, Hachette/Arte éditions, 1999.
- Cécile Méadel, Histoire de la radio des années trente. Du sans-filiste à l’auditeur, Pari












Auteur(s)



Christophe GRANGER 

Enseignant-chercheur, membre du Centre d’Histoire du 20e siècle, termine une thèse à l’Université Paris 1 sur la formation sociale du temps des vacances entre 1880 et 1980, a animé plusieurs séminaires et ateliers de recherche, dont un sur "Les loisirs au 20e siècle", a enseigné l’histoire et les sciences sociales aux universités de Paris 1, Le Mans, Paris 8 (cours sur "La reconquête éducative du temps des vacances, 1880-1970") et Mannheim (Allemagne) ; membre du comité de rédaction de la revue Agora. Débat/Jeunesse ; a publié plusieurs articles sur ces questions, dont "Ecole républicaine et vacances scolaires en 1900", publié dans Cahiers d’histoire n°3, décembre 2007. A aussi publié "Les corps d’été, naissance d’une variation saisonnière", Autrement, 2009.

Cette rubrique a été construite avec Françoise Tetard, ingénieure au CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXème siècle, historienne des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, dès le départ très intéressée par cette volonté du Conseil général de la Seine-Saint-Denis de travailler l’éducation populaire dans une approche territoriale. Une première pour une collectivité territoriale nous disait Françoise qui en a assuré le suivi jusqu’à son décès en septembre 2010, suivi qu’elle assurait avec Jean Bourrieau, chargé de mission éducation populaire au Conseil général de la Seine-Saint-Denis.


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