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Histoire de l’éducation populaire


Faire l’évènement : sur les traces d’un nouveau jeu de société


Du coup médiatique à la photo choc, des Printemps arabes au buzz moderne : d’où vient la frénésie événementielle qui nous entoure sans cesse aujourd’hui ? Quelle part y prennent les journalistes ? Comment expliquer, aussi, le souci permanent de « faire l’événement » qui tenaille nos sociétés ? Et surtout que nous dit-il de l’organisation démocratique qui est la nôtre ? C’est le thème qu’aborde le dernier numéro de la revue « Sociétés & Représentations ». Il réunit sociologues, politistes, historiens, juristes…



La profusion des « événements historiques » durant la dernière décennie (du 11 septembre 2001 au « Printemps arabe »), et l’empressement des professionnels de l’air du temps à décréter l’avènement d’un moderne règne de l’événement, paraissent sans mal justifier le thème de ce numéro. Autant l’avouer, pourtant : on ne touche pas impunément aux rives de l’événement. La multitude des théories construites à son sujet par des penseurs de toutes chapelles, sans oublier la déroutante étymologie du mot (est événement « ce qui arrive et a quelque importance pour l’homme ») suffisent à se figurer l’embarras mêlé de découragement qui saisit par avance le chercheur. Car, désormais, de l’émeute à la prouesse sportive, de la catastrophe naturelle au simple coup médiatique, de ceux qui forment les rivets mémoriels du grand roman national à ceux dont l’onde de choc est bornée aux trajectoires biographiques, les contours de ce qu’est un événement défient la typologie. Faut-il prendre en considération l’effet de désorganisation qu’il suscite, le moment singulier qu’il découpe, l’intensité du saisissement collectif qu’il provoque, ou encore la volubilité des discours qui s’en emparent ?

Pour tâcher d’y voir clair, nous avons pris, après d’autres, le parti de déplacer les regards. Ce numéro prend pour objet non pas une série d’événements et la chaîne des faits singuliers dont il sont le produit, mais bien plutôt les manières, les raisons et les savoir-faire, suivant lesquels les acteurs s’emploient à faire l’événement. Ménageant ainsi une place centrale aux pratiques et aux dispositifs qui entrent dans la production d’un événement, ce numéro propose plus largement de scruter l’avènement d’une culture de l’événement et de la place qui lui revient dans l’organisation des sociétés contemporaines.

Fils adoptif de la modernité médiatique et du régime démocratique, l’événement, né dans le dernier tiers du XIXe siècle, à suivre l’article classique de Pierre Nora, a en effet copieusement prospéré. Convoqué pour décrire et pour expliquer les changements sociaux et politiques, mobilisé pour justifier ou récuser l’ordre familier du monde, devenu aussi une figure imposée de la raison médiatique et des métiers de la culture, il a fini par former une catégorie à part entière d’énonciation ou de dénonciation de la réalité sociale ; une catégorie à travers laquelle les individus donnent du sens à leur époque et s’efforcent d’y négocier leur place. De quoi sont faits ces événements ? Au nom de quels principes parviennent-ils à occuper cette place de choix ? Et plus encore : que faut-il en faire ?

Autant de questions qui s’offrent à féconder, aujourd’hui, les pratiques de l’éducation populaire…

Dossier « Faire l’événement »
(dirigé par Pascale Goetschel et Christophe Granger)

Né de la modernité médiatique, l’événement est devenu aux XIXe et XXe siècles une catégorie à part entière de description et d’organisation de la réalité sociale. Pour nombre d’acteurs, il est aussi le moyen de se signifier dans l’espace public. Ce dossier étudie ce qui fait l’événement : quelles sont les modalités pratiques de sa production ? quels ressorts sociaux, affectifs ou rhétoriques mobilise-t-elle ? Où réside l’autorité sociale de l’événement ainsi produit ? Et suivant quels mécanismes est-il investi de sens ? Procéder ainsi permet de saisir l’émergence d’une culture de l’événement et la place qui lui revient dans l’agencement des sociétés contemporaines.

INTRODUCTION

Faire l’événement, un enjeu des sociétés contemporaines , Pascale Goetschel et Christophe Granger (texte intégral ci-joint)

CE QUI FAIT L’EVENEMENT

Le coup médiatique. Les journalistes font-ils l’événement ?, Patrick Champagne
Impasses et ruses du récit. Silences et mises en mots de l’événement au XIXe siècle , Thomas Bouchet
Fixer l’événement. Le Mai 68 du photojournalisme , Audrey Leblanc

FORMES ET FIGURES

Le réclamisme. Naissance de l’événement médiatique en 1900 , Benoît Lenoble
« Faire » un événement naturel ? L’orage du 13 juillet 1788 et la tempête de décembre 1999 , Anouchka Vasak

POLITIQUES DE L’EVENEMENT

Le match et la grève, ou les usages militants de l’événement (années 1970), Christophe Granger
Le Tribunal pénal international doit-il faire l’événement ? Ou les paradoxes d’une justice pour l’Histoire , Victoria Vanneau

DOCUMENTS

Voir l’événement. Roman graphique et narration historique , Christophe Granger
« L’événement, c’est ce qui advient à ce qui est advenu… » Entretien avec Pierre Laborie

Références.

Sociétés & Représentations, n° 32, décembre 2011, 300 p.
Publications de la Sorbonne.
212 rue Saint-Jacques, 75 005 Paris
- Tél 01 43 25 80 15

25 euros.



Faire l’évènement : présentation détaillée : (597.6 ko)










Auteur(s)



Christophe GRANGER 

Enseignant-chercheur, membre du Centre d’Histoire du 20e siècle, termine une thèse à l’Université Paris 1 sur la formation sociale du temps des vacances entre 1880 et 1980, a animé plusieurs séminaires et ateliers de recherche, dont un sur "Les loisirs au 20e siècle", a enseigné l’histoire et les sciences sociales aux universités de Paris 1, Le Mans, Paris 8 (cours sur "La reconquête éducative du temps des vacances, 1880-1970") et Mannheim (Allemagne) ; membre du comité de rédaction de la revue Agora. Débat/Jeunesse ; a publié plusieurs articles sur ces questions, dont "Ecole républicaine et vacances scolaires en 1900", publié dans Cahiers d’histoire n°3, décembre 2007. A aussi publié "Les corps d’été, naissance d’une variation saisonnière", Autrement, 2009.

Cette rubrique a été construite avec Françoise Tetard, ingénieure au CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXème siècle, historienne des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, dès le départ très intéressée par cette volonté du Conseil général de la Seine-Saint-Denis de travailler l’éducation populaire dans une approche territoriale. Une première pour une collectivité territoriale nous disait Françoise qui en a assuré le suivi jusqu’à son décès en septembre 2010, suivi qu’elle assurait avec Jean Bourrieau, chargé de mission éducation populaire au Conseil général de la Seine-Saint-Denis.


Contact granger.chris@dbmail.com
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Cet article repond au(x) mot(s) clé :
démocratie, citoyenneté 
sciences et société 
mémoire, transmission, histoire, patrimoine,  
livres, bandes dessinées